Retour du Festival du Lin – Exposition « Entre deux souffles »

Pendant une semaine, les Murmurations, le tapis Sengan En, certaines pièces murales (Pleine Mue, Moon’s skin, Trou Noir) ont quitté le silence de l’atelier pour participer au Festival du Lin, en Normandie et voisiner avec les œuvres d’Isabelle Chatelin. Nous avions intitulé l’exposition Entre deux souffles, conscientes que nos deux écritures, nos deux univers, différents et complémentaires ont cette même attention au vivant, à la matière, à leurs métamorphoses silencieuses. 

Dans l’Église de Saint-Pierre-Le-Viger, sous l’œil bienveillant de Benoit-Joseph Cottolengo, les colonnes bleues des Murmurations se sont dressées, immobiles, suspendues à quelques dizaines de centimètres du sol, le tapis s’est posé au sol, au centre de l’espace et nos pièces murales se sont déployées tout autour.
Les ciels d’Isabelle, ses arbres, ses horizons ouvraient le regard vers le paysage ; Murmurations invitait à y entrer, à passer entre ses piliers bleus, à lever la tête, à scruter les détails, à percevoir l’ensemble.  

Les visiteurs arrivaient du soleil, entraient dans ce bâtiment un peu austère, tout de béton vêtu, et instantanément ralentissaient leur rythme, trouvant leur chemin d’une œuvre à l’autre, piochant dans ce dialogue entre l’installation, les peintures, les broderies, le tapis, les pastels…

 

C’est beau le public…
Pendant des mois, nous étions seules avec nos pensées, nos outils, nos mains, dans le silence de nos ateliers, pleines du désir de voir vivre nos morceaux de poésie et voilà qu’ils rencontraient d’autres regards, d’autres histoires, d’autres sensations, d’autres compagnons… 

En quittant Saint-Pierre-le-Viger, j’ai éprouvé cette émotion étrange qui accompagne parfois les fins heureuses. Une légère mélancolie, parce qu’il fallait déjà laisser derrière soi un lieu, des rencontres, une manière d’habiter l’espace. Une profonde gratitude aussi ; envers Isabelle, qui m’a accueillie et dont l’amitié réchauffe si souvent les heures solitaires ; envers mes amis venus de loin ; envers les organisateurs du Festival du Lin ; envers les artistes dont les œuvres parsemaient le territoire..

Les œuvres sont revenues à l’atelier, enrichies de tous ces regards. Moi aussi.
Il est temps de reprendre le fil
, de retrouver le métier, de revenir à ce geste qui conduit la pensée jusqu’aux mains, construit lentement la surface, éprouve la matière, l’explore et laisse naître formes, surfaces et espaces.

N’hésitez pas à partager vos impressions ou vos résonances, elles nourrissent toujours ma recherche.

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