Murmurations – Installation pour le Festival du Lin

En 2019, juste avant le confinement, j’ai réalisé une pièce intitulée Murmurations. Une bande textile de coton et de lurex, longue de trois mètres pour vingt-sept centimètres de large, traversée d’un mouvement continu évoquant les déplacements coordonnés des oiseaux ou des poissons.

Présentée comme une étude isolée pour le Festival du Lin — finalement annulé cette année-là —, cette pièce a disparu de mon champ de pensée. Non pas simplement mise de côté : oubliée. Au point de ne plus en garder ni la mémoire précise, ni les gestes, ni les enjeux. Comme si elle n’avait été qu’un passage, une forme apparue sans suite.

En la retrouvant aujourd’hui, pour le Festival du Lin 2026, quelque chose résiste à cet oubli. La pièce ne se donne pas comme un point de départ clair, mais comme un fragment actif, une trace qui insiste. Une pièce qui a sa propre vie et ses propres exigences. Elle contient déjà, sans que je l’aie su alors, les principes d’un déploiement : répétition, variation, propagation.

Ce qui était une bande unique devient un système.

À partir de cette redécouverte, Murmurations se transforme en une installation composée d’une vingtaine de bandes textiles suspendues. Chacune reprend et déplace les motifs initiaux : gradients, rythmes, densités, mais aussi insertion de milliers de pistils teints à la main, introduisant une dimension à la fois organique et scripturale.

L’ensemble ne cherche pas à représenter une nuée. Il en adopte les logiques : émergence, instabilité, cohérence sans centre.

Présentée dans l’église de Saint-Pierre-le-Viger, dans le cadre de l’exposition Entre deux souffles (3–5 juillet 2026) en binôme avec Isabelle Chatelin, l’installation propose un espace traversable où le regard et le corps sont pris dans un champ de variations lentes. Les bandes ne composent pas une image, mais un milieu.

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